Nous sommes quatre artistes vivant et travaillant à Québec (Canada) : Laurence Gravel, stvn girard, Mathieu P. Lapierre et Juan David Molina Velasco.
Le collectif ad hoc est né d'un désir de renouer avec certaines approches collectives qui ont marqué les débuts des centres d'artistes au Québec et l'histoire de l'art performance. Nous souhaitons expérimenter une structure où les fonctions de production, de diffusion, de documentation et de commissariat ne sont pas séparées, mais partagées entre les membres du collectif. Cette organisation nous permet d'interroger les hiérarchies habituellement présentes dans les projets artistiques internationaux et d'expérimenter d'autres modes de collaboration.
Nous cherchons à favoriser :
A contrario :
Depuis sa création en 2024, le collectif s’affaire à développer des projets d'échange international en art performance fondés sur l'immersion, la réciprocité et la mise en commun des savoirs. En 2026, nous avons réalisé deux projets de diffusion et d’échange artistique entre le Canada, le Mexique et l’Argentine. Entre le 20 avril et le 6 mai, nous avons co-organisé et suite à une invitation à participer à deux événements de performance à Mexico et à Buenos Aires. À Mexico, nous avons pris part à La Cápsula (Encuentro Internacional de Performance), un échange Canada–Mexique présenté sur deux soirées. Nous y avons partagé la programmation avec Marco Guagnelli, Julia Barrios, Erika Bülle Hernández, Ileana Hernández Camacho, Luis Calavera, Enrique Guerrero et Daisuke Takeya. À Buenos Aires, nous avons poursuivi le projet dans le cadre d’un échange Argentine–Canada organisé au Galpón F.A.C.E., où nous avons présenté nos performances aux côtés d’Aidana María Rico Chavez, Malicia Mirai, Ita Scaramuzza & Alfredo Rosenbaum, Graciela Álvarez Maroccolo et Marco Guagnelli. Au cours de ces séjours, nous avons présenté des performances individuelles, assisté aux interventions des autres participant·es, pris part à des discussions informelles, visité des ateliers et des lieux de diffusion et échangé sur nos méthodes de travail. Ces rencontres ont permis de mieux comprendre les réalités culturelles et artistiques propres à chacun des contextes visités, tout en favorisant le développement de nouvelles collaborations et de nouveaux réseaux de diffusion.
Le projet est né d’une volonté simple : rencontrer des artistes travaillant dans d’autres contextes culturels et partager nos pratiques respectives. Bien que chacun développe une démarche singulière, nous partageons plusieurs intérêts communs qui nourrissent nos recherches et nos échanges. Nous nous intéressons notamment aux processus de création en art performance, aux échanges culturels et à la circulation des savoirs entre artistes. Nos pratiques abordent également des questions liées aux modes d’organisation collective, aux formes de collaboration horizontales, au féminisme, aux normes sociales, aux pratiques décoloniales ainsi qu’aux enjeux d’archivage et de transmission des œuvres performatives. Notre manière de travailler privilégie l’immersion dans les communautés qui nous accueillent plutôt qu’une simple logique de diffusion. Les déplacements sont pensés comme des occasions de partager des expériences, de comprendre les réalités locales et de construire des relations durables avec les artistes rencontrés. Dans le cas du Mexique, par exemple, les journées passées ne se limitaient pas aux représentations : repas communs, discussions avec les artistes locaux, élaboration logistique des soirées, aide à la mise sur pied de l’évènement, dissémination d’affiche, aide à la réalisation des communications et documentation collective ont constitué une part essentielle du projet. À l’intérieur du collectif, les savoirs, les contacts, les responsabilités et les ressources sont mis en commun afin que chaque projet bénéficie de l’expérience acquise par l’ensemble du groupe. Cette approche implique également une renégociation constante des hiérarchies habituellement présentes dans les projets internationaux. Nous cherchons à limiter la séparation entre artistes, commissaires, organisateurs et documentaristes en partageant ces fonctions lorsque cela est possible. L’autodocumentation, les discussions collectives et la réflexion critique sur nos propres méthodes de travail font ainsi partie intégrante de chacun de nos projets, au même titre que les performances elles-mêmes. Le collectif constitue ainsi un espace de recherche à part entière, où l'organisation du travail, la circulation des savoirs et l'expérience du terrain deviennent autant de matériaux qui nourrissent les pratiques individuelles de chacun. Le collectif fonctionne ainsi comme une communauté temporaire de recherche. Les projets sont vécus ensemble, depuis leur préparation jusqu'à leur documentation, afin que chaque expérience puisse être discutée, confrontée et réinvestie dans les démarches individuelles de chacun. En sommes, cette démarche s’inscrit dans une volonté de renouer avec une forme de camaraderie et de collégialité qui ont profondément marqué les débuts de l’art performance et des centres d’artistes autogérés. Il s’agit de raviver cet esprit de proximité, d’entraide et de co-construction des pratiques, où la création ne se limite pas à la production d’œuvres isolées, mais s’ancre dans des relations vivantes entre artistes, contextes et communautés. En réactivant ces approches, le collectif cherche à réaffirmer l’importance des liens horizontaux, du partage des responsabilités et de la circulation libre des savoirs comme conditions essentielles de la recherche artistique contemporaine.
We are four artists living and working in Québec City, Canada: Laurence Gravel, stvn girard, Mathieu P. Lapierre and Juan David Molina Velasco.
The ad hoc collective emerged from a desire to reconnect with certain collective approaches that marked the early history of artist-run centres in Québec and the development of performance art. We wish to experiment with a structure in which the roles of production, presentation, documentation, and curating are not separated, but rather shared among the members of the collective. This organization allows us to question the hierarchies often present in international artistic projects and to explore alternative models of collaboration.
We seek to foster:
Rather than:
Since its creation in 2024, the collective has been developing international exchange projects in performance art based on immersion, reciprocity, and the sharing of knowledge. In 2026, we carried out two artistic exchange and presentation projects between Canada, Mexico, and Argentina. Between April 20 and May 6, we co-organized and participated in two performance art events in Mexico City and Buenos Aires following invitations from local partners. In Mexico City, we took part in La Cápsula (Encuentro Internacional de Performance), a Canada–Mexico exchange presented over two evenings. We shared the program with Marco Guagnelli, Julia Barrios, Erika Bülle Hernández, Ileana Hernández Camacho, Luis Calavera, Enrique Guerrero, and Daisuke Takeya. In Buenos Aires, we continued the project through an Argentina–Canada exchange organized at Galpón F.A.C.E., where we presented our performances alongside Aidana María Rico Chavez, Malicia Mirai, Ita Scaramuzza & Alfredo Rosenbaum, Graciela Álvarez Maroccolo, and Marco Guagnelli. During these stays, we presented individual performances, attended the interventions of other participants, took part in informal discussions, visited studios and presentation spaces, and exchanged perspectives on our respective working methods. These encounters allowed us to better understand the cultural and artistic realities specific to each context while fostering the development of new collaborations and networks of dissemination.
The project was born from a simple desire: to meet artists working within different cultural contexts and to share our respective practices. Although each member develops an individual artistic approach, we share several common interests that inform our research and exchanges. We are particularly interested in creative processes in performance art, cultural exchange, and the circulation of knowledge between artists. Our practices also engage with questions related to collective organizational models, horizontal forms of collaboration, feminism, social norms, decolonial practices, as well as issues surrounding the archiving and transmission of performance-based works. Our way of working prioritizes immersion within the communities that welcome us rather than a simple model of artistic dissemination. Travel is conceived as an opportunity to share experiences, understand local realities, and build lasting relationships with the artists we encounter. In Mexico, for example, the days spent there were not limited to performances: shared meals, conversations with local artists, logistical preparation of events, assistance in organizing presentations, poster distribution, support with communications, and collective documentation were all essential components of the project. Within the collective, knowledge, contacts, responsibilities, and resources are shared so that each project benefits from the experience and expertise accumulated by the entire group. This approach also implies a continuous renegotiation of the hierarchies typically present in international artistic projects. We seek to reduce the separation between artists, curators, organizers, and documentarians by sharing these roles whenever possible. Self-documentation, collective discussions, and critical reflection on our own working methods are therefore integral parts of each project, alongside the performances themselves. The collective thus becomes a research space in its own right, where the organization of work, the circulation of knowledge, and field experience become materials that nourish each member’s individual artistic practices. The collective therefore functions as a temporary research community. Projects are experienced collectively, from their preparation through to their documentation, allowing each experience to be discussed, challenged, and reinvested into each member’s individual practice. In conclusion, this approach reflects a desire to reconnect with a form of camaraderie and collegiality that deeply shaped the beginnings of performance art and artist-run centres. It seeks to revive a spirit of proximity, mutual support, and co-construction of practices, where artistic creation is not limited to the production of isolated works but is rooted in living relationships between artists, contexts, and communities. By reactivating these approaches, the collective aims to reaffirm the importance of horizontal relationships, shared responsibilities, and the free circulation of knowledge as essential conditions for contemporary artistic research.
Somos cuatro artistas que vivimos y trabajamos en Québec (Canadá): Laurence Gravel, stvn girard, Mathieu P. Lapierre y Juan David Molina Velasco.
El colectivo ad hoc nació del deseo de reconectar con ciertos enfoques colectivos que marcaron los inicios de los centros de artistas en Québec y la historia del arte de performance. Buscamos experimentar con una estructura en la que las funciones de producción, difusión, documentación y curaduría no estén separadas, sino compartidas entre los miembros del colectivo. Esta organización nos permite cuestionar las jerarquías habitualmente presentes en los proyectos artísticos internacionales y experimentar con otros modos de colaboración.
Buscamos favorecer:
En contraste con:
Desde su creación en 2024, el colectivo se ha dedicado a desarrollar proyectos de intercambio internacional en arte performance basados en la inmersión, la reciprocidad y la puesta en común de saberes. En 2026, realizamos dos proyectos de difusión e intercambio artístico entre Canadá, México y Argentina. Entre el 20 de abril y el 6 de mayo, coorganizamos y participamos, tras una invitación, en dos encuentros de performance en Ciudad de México y Buenos Aires. En Ciudad de México, participamos en La Cápsula (Encuentro Internacional de Performance), un intercambio Canadá–México presentado durante dos noches. Compartimos la programación con Marco Guagnelli, Julia Barrios, Erika Bülle Hernández, Ileana Hernández Camacho, Luis Calavera, Enrique Guerrero y Daisuke Takeya. En Buenos Aires, continuamos el proyecto en el marco de un intercambio Argentina–Canadá organizado en Galpón F.A.C.E., donde presentamos nuestras performances junto a Aidana María Rico Chavez, Malicia Mirai, Ita Scaramuzza & Alfredo Rosenbaum, Graciela Álvarez Maroccolo y Marco Guagnelli. Durante estas estancias, presentamos performances individuales, asistimos a las intervenciones de las demás personas participantes, participamos en conversaciones informales, visitamos talleres y espacios de difusión e intercambiamos sobre nuestros métodos de trabajo. Estos encuentros permitieron comprender mejor las realidades culturales y artísticas propias de cada contexto visitado, al mismo tiempo que favorecieron el desarrollo de nuevas colaboraciones y redes de difusión.
El proyecto nació de una voluntad simple: encontrarnos con artistas que trabajan en otros contextos culturales y compartir nuestras respectivas prácticas. Aunque cada integrante desarrolla una trayectoria singular, compartimos diversos intereses comunes que alimentan nuestras investigaciones e intercambios. Nos interesan particularmente los procesos de creación en arte performance, los intercambios culturales y la circulación de saberes entre artistas. Nuestras prácticas también abordan cuestiones relacionadas con los modos de organización colectiva, las formas de colaboración horizontal, el feminismo, las normas sociales, las prácticas decoloniales, así como los desafíos vinculados con el archivo y la transmisión de obras performativas. Nuestra manera de trabajar privilegia la inmersión en las comunidades que nos reciben por encima de una simple lógica de difusión. Los desplazamientos son concebidos como oportunidades para compartir experiencias, comprender las realidades locales y construir relaciones duraderas con los artistas encontrados. En el caso de México, por ejemplo, las jornadas no se limitaron a las presentaciones: las comidas compartidas, las conversaciones con artistas locales, la organización logística de las veladas, la colaboración en el montaje del evento, la distribución de afiches, el apoyo en la elaboración de comunicaciones y la documentación colectiva constituyeron una parte esencial del proyecto. Dentro del colectivo, los saberes, contactos, responsabilidades y recursos se ponen en común para que cada proyecto pueda beneficiarse de la experiencia acumulada por el conjunto del grupo. Esta aproximación implica también una renegociación constante de las jerarquías habitualmente presentes en los proyectos internacionales. Buscamos reducir la separación entre artistas, curadores, organizadores y documentalistas compartiendo estas funciones cuando es posible. La autodocumentación, las conversaciones colectivas y la reflexión crítica sobre nuestros propios métodos de trabajo forman parte integral de cada proyecto, al igual que las performances mismas. El colectivo constituye así un espacio de investigación en sí mismo, donde la organización del trabajo, la circulación de saberes y la experiencia del territorio se convierten en materiales que alimentan las prácticas individuales de cada integrante. El colectivo funciona así como una comunidad temporal de investigación. Los proyectos son vividos colectivamente, desde su preparación hasta su documentación, para que cada experiencia pueda ser discutida, confrontada y reinvertida en las trayectorias individuales de cada integrante. En suma, este enfoque se inscribe en una voluntad de reconectar con una forma de camaradería y colegialidad que marcaron profundamente los inicios del arte performance y de los centros de artistas autogestionados. Se trata de reactivar ese espíritu de proximidad, apoyo mutuo y construcción colectiva de las prácticas, donde la creación no se limita a la producción de obras aisladas, sino que se arraiga en relaciones vivas entre artistas, contextos y comunidades. Al recuperar estos enfoques, el colectivo busca reafirmar la importancia de los vínculos horizontales, del reparto de responsabilidades y de la libre circulación de saberes como condiciones esenciales para la investigación artística contemporánea.